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Droit à l’IVG dans la Constitution : la grande mascarade

Debout les femmes, l’hymne du Mouvement de libération des femmes (MLF), a résonné sous les lambris de l’Assemblée nationale le 24 novembre. Il était entonné par des députées de la majorité et de la Nupes, Mathilde Panot et l’inénarrable Sandrine Rousseau en tête. Mais que célébraient-elles ? un allongement du congé mat ? une augmentation des aides pour les femmes célibataires ? un programme pour lutter contre le plafond de verre ? Que nenni, ces femmes politiques se réjouissaient de la première victoire d’un combat de… taille : l’adoption par l’Assemblée nationale de l’inscription du droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution.

Voilà donc où en est le féminisme : « graver dans le marbre de notre Constitution », pour reprendre l’expression d’Éric Dupond-Moretti, un droit qui n’est pas en danger dans notre pays. La mesure est inutile et symbolique, cela en dit long. Adoptée sans rencontrer de réelle opposition, avec 337 voix pour, dont celle de Marine Le Pen, 32 contre et 18 abstentions, cette proposition reflète une surenchère idéologique qui masque l’incapacité politique, alors que le coût de la vie renchérit et que le sentiment d’insécurité grandit. Mais faute d’agir concrètement pour améliorer le social, ces élus saisissent le sociétal qui les transforme en parangons de vertu : ils agissent pour la femme, ils sont dans le camp du Bien. Rien de tel pour détourner l’attention.

« Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes »

Mais ces femmes, dont les députées affirment être les porte-voix, les a-t-on entendues ? En quoi inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution serait une avancée ? « Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes », avertissait Simone Veil. Les députés ont-ils écouté toutes ces femmes contraintes d’avorter par leur conjoint, leur famille ? Qui sont l’objet de chantage affectif, de menaces, voire de coups, à l’annonce de leur grossesse ? Qui aimeraient la poursuivre mais renoncent faute de moyens financiers ? Une partie des celles qui ont recours à l’IVG le vivent comme un acte forcé. Alors pourquoi rendre constitutionnel un droit qui engendre une vallée de larmes loin d’être libératrice ?

La ficelle est grosse, mais pas sans conséquences. Ajouter toujours plus de droits qui ne visent pas le bien commun mais servent des fantasmes idéologiques dans la Constitution, c’est en affaiblir l’impact et la valeur. Faire de l’avortement un droit constitutionnel, c’est l’ouvrir à une application sans limite qui menacerait la clause de conscience des médecins. Pourquoi ne pas l’autoriser jusqu’au neuvième mois ? On le fait déjà pour l’interruption médicalisée de grossesse… C’est aussi en faire un droit inaliénable. Soustraire à tout débat un droit sociétal qui, quoi qu’on en dise, ne suscite pas l’approbation de tous, est contraire à notre esprit démocratique. C’est la parfaite illustration du tabou qu’est l’IVG. C’est condamner davantage au silence celles qui n’ont pas eu le choix, car comment oser dénoncer les conséquences d’un droit porté au pinacle ? Espérons que le Sénat, qui doit à présent examiner le texte, se montrera plus avisé.

L’avortement arrête un cœur qui bat, c’est pourtant la réalité.

Dans l’hémicycle, lors des discussions – peut-on appeler ça un débat ? – un député s’indignait que la Hongrie oblige les femmes à écouter le cœur du fœtus avant une IVG. Comme s’il fallait ne pas avoir pleine conscience de la réalité de l’acte pour être libre de le faire. L’avortement arrête un cœur qui bat, c’est pourtant la réalité. Ce même jour devait être soumis à l’Assemblée un projet de loi issu également de La France insoumise pour interdire la corrida. Entre le taureau et le fœtus, entre le cœur animal et le cœur humain, un seul était jugé digne d’être protégé par la loi.

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Author: Valeurs Actuelles