Valeurs Actuelles relais de brèves

Des attaques de loups en Bretagne : du jamais vu depuis un siècle

Vous avez aimé le retour du loup après 50 ans d’absence dans les Alpes, le Sud-Est, l’Est de la France qui terrorise les éleveurs ? Vous allez adorer les attaques du prédateur au Nord-ouest de la Bretagne, dans le Finistère. Du jamais vu depuis 1903. Dans les monts d’Arrée, au moins cinq troupeaux de brebis ont été attaqués depuis la fin du mois d’octobre faisant plusieurs dizaines de victimes constatées par l’Office National de la Biodiversité. Pour la Fédération Nationale Ovine, il y a désormais « urgence » ; dans un communiqué national publié lundi 21 novembre, la FNO presse « les pouvoirs publics français et européens d’arrêter la politique de protection aveugle des grands prédateurs ». La Fédération précise que « les prédateurs rôdent aujourd’hui aux abords des villages menaçant la sécurité des habitants et l’avenir économique des territoires ».

Pour preuve, le nombre d’attaques des loups flambe depuis trois ans : au premier semestre, plus de 6 000 brebis ont péri à travers la France, le bilan explosant en Occitanie, dans les Hauts de France, en Bourgogne Franche-Comté, en Normandie… Au total, depuis 2020, ce sont très exactement 33 308 bêtes (à 97% des ovins et caprins, 3% de jeunes veaux et poulains) qui ont succombé. A chaque attaque, le loup mange entre 5 et 7 kilos de viande. Selon les statistiques de l’Office national de la biodiversité – les dernières disponibles -, 921 loups colonisent à présent le territoire, soit 47% de plus qu’en 2021. Mais selon le monde agricole, la population dépasse allègrement les 1 000 bêtes. Un loup peut se déplacer de plus de 50 kilomètres chaque jour.

« Même la Commission des Finances se saisit du sujet »

Si bien que dans certains départements, la coexistence du pastoralisme avec le loup n’est plus tenable. Même protégés par des chiens patous, les troupeaux n’échappent plus aux prédateurs. Selon la FNO, les loups s’adaptent « aux moyens de protection et les rendent inefficaces ». De fait, les conséquences financières sont lourdes et même la Commission des Finances s’est saisie du sujet. Dans un rapport publié en février dernier, elle constate que 5.5% du territoire français est désormais colonisé par les grands prédateurs et chiffre le coût des dommages causés par les loups à 66 millions d’euros par an. La politique de prévention et l’indemnisation des troupeaux par les pouvoirs publics ne suffisent pas à couvrir les éleveurs. Leur reste à charge est évalué à 8 millions d’euros par an. Dans ce rapport, il est confirmé que 44 départements sont désormais concernés par la prédation. C’est peu dire que le loup, espèce protégée par la Convention de Berne de 1979, n’est plus du tout menacé.

Mais pour les écolos extrémistes, il ne fait pas de doute que le développement de la population lupine constitue toujours une bonne nouvelle. Il y a tout juste un an, Jean-Noël Rieffel, directeur régional de l’Office national de la biodiversité, accordait une interview à la Nouvelle République, dans laquelle il déclarait que « le retour d’un grand prédateur sur un territoire où il n’a pas été vu depuis près d’un siècle interroge. Cela questionne notre rapport à la vie sauvage, nos peurs, nos usages de la nature. Personnellement, je pense que c’est une bonne nouvelle». Avant de préciser : « le loup est un animal discret et farouche, qui n’attaque pas l’homme…Il n’y a eu ici – en Indre et Loire – aucune attaque de bétail ». Une position officielle  bien aveugle.

Lire la suite sur Valeurs Actuelles ...

Author: Valeurs Actuelles