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Covid, le retour de la “psychose” ?

Lors des traditionnelles questions au gouvernement, ce mardi de fin novembre, le député Horizons Laurent Marcangeli interroge la Première ministre sur les mesures que le gouvernement compte mettre en œuvre face à la submersion des hôpitaux, confrontés de plein fouet aux vagues de bronchiolite et de grippe précoce ainsi qu’au retour du Covid. Comme seule réponse apportée au sauvetage de l’hôpital, Élisabeth Borne a lancé à la tribune un « appel solennel » à la responsabilité des Français, au respect des « gestes barrières », au port du masque et à la vaccination.

« Une politique des “petits gestes” pour culpabiliser toujours plus les Français, les associer à l’échec du gouvernement, se défausser sur eux de [son] incurie et de [son] insuffisance », analyse l’eurodéputé François-Xavier Bellamy. Le port du masque, comme cache-misère de l’absence de vision et de la faillite sur l’hôpital public ?

Des décennies de Ségur de la santé, de plans blancs, d’assises, de perfusion de « pognon de dingue » et autres remèdes miracles se sont succédé comme autant de pansements incapables de cautériser l’hémorragie généralisée dont l’hôpital se meurt année après année.

Le “je baisse, j’éteins, je décale” d’aujourd’hui supplantant le “tester, tracer, isoler” d’hier

Hémorragie de soignants payés au lance-pierre et aux conditions de travail déplorables. Hémorragie de médecins de ville, rendant plus arides encore les déserts médicaux, obligeant les patients à filer aux urgences pour le moindre bobo, saturant de facto le système hospitalier. La faute au numerus clausus qu’on pallie bon an mal an en embauchant des intérimaires ou des médecins étrangers payés 1 400 euros par mois.

Sous le précédent quinquennat Macron, 17 900 lits ont été supprimés dont 5 700 pour la seule année 2020, en pleine pandémie. Et ce malgré la promesse faite par le président, lors de son entretien télévisé du 14 juillet 2020, de créer 4 000 lits supplémentaires de réanimation. À l’époque, rappelons-nous, leur taux d’occupation était l’étalon sur lequel Jean Castex se basait pour décréter nos assignations à résidence…

« La vérité, c’est que le gouvernement est perdu et ne sait pas comment il va survivre à l’hiver. Tout part en cacahuète. Leur solution face à la crise énergétique ? Éteindre notre grille-pain… », se désespère François-Xavier Bellamy.

Un col roulé, une doudoune et des slogans appelant à la sobriété tout droit sortis d’un brainstorming de cabinet de consultants – le “je baisse, j’éteins, je décale” d’aujourd’hui supplantant le “tester, tracer, isoler” d’hier – pour faire peser là encore sur les Français la responsabilité de la faillite de nos gouvernants à force de désossement de notre parc nucléaire, qui nous conduit à d’invraisemblables annonces de « délestages tournants ».

Mensonges et injonctions crétines

Qu’en est-il réellement de cette 9e vague de Covid ? Scélérate ? « RAS. Comme chaque année, à la même période, nous assistons à un engorgement des services liés à une recrudescence de pneumopathies. Mais il n’y a pas de phénomène Covid ! Seulement une épidémie de tests positifs ! C’est trop facile pour le gouvernement de se dédouaner d’avoir détricoté l’hôpital en se défaussant sur le Covid ! », martèle Gérald Kierzek, médecin urgentiste à l’Hôtel-Dieu de Paris.

Même constat du côté de la médecine de ville : « Beaucoup d’infections respiratoires aiguës somme toute classiques en hiver. Mais peu de Covid. Seulement un cas, il y a une dizaine de jours », détaille pour nous le Dr Quedeville, généraliste à Chilly-Mazarin (Essonne) et membre du réseau Sentinelles, unité de veille sanitaire qui publie des bulletins épidémiologiques hebdomadaires. « Une confusion permanente est faite entre le nombre de cas positifs, qui ne signifi e rien en épidémiologie mais qui joue sur les peurs, et les personnes vraiment malades », s’agace Laurent Toubiana, chercheur à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale. Au moment du déclenchement de la guerre en Ukraine, en février dernier, une vague trois fois supérieure à celle que nous connaissons actuellement sévissait sans qu’elle déclenche pour autant l’ire des “alarmistes”, nous apprend alors l’épidémiologiste.

« J’aimerais que l’on me démontre l’efficacité du masque sur l’évolution du virus et que l’on évalue ses bénéfices-risques »

Mais malgré son agitation par le gouvernement, la peur ne prend plus. La campagne de rappel patine : à peine 10 % des personnes éligibles ont tendu le bras pour leur 4e dose. Trop de mensonges, de changements de pied, d’injonctions crétines, hors-sol et contradictoires, alimentant des parodies partagées à l’envi sur les réseaux sociaux, ont fini par démonétiser la parole gouvernementale.

Mi-octobre, la confession d’une des dirigeantes de Pfizer devant le Parlement européen a porté le coup de grâce au mythe seriné depuis des mois du “tous vaccinés, tous protégés”, en avouant qu’avant la mise sur le marché de son vaccin à ARN, aucun des essais du laboratoire n’avait étudié son efficacité sur la transmission.

Retour du masque obligatoire ?

Inflation galopante, annonces de black-out, risque de guerre nucléaire, l’horizon noir que le gouvernement dessine a rendu les Français apathiques, quasi indifférents aux refrains d’hystérie covidiste fredonnés par la sphère politico-médiatique.

Le Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires (Covars, qui a remplacé le Conseil scientifique) devrait dans les prochains jours rendre son avis sur l’obligation du port du masque. Une manière, pour le gouvernement, de balayer toute forme d’autoritarisme en se cachant derrière ces institutions scientifiques qui font depuis des mois autorité dans une société de plus en plus dominée par une idéologie hygiéniste. « J’aimerais que l’on me démontre l’efficacité du masque sur l’évolution du virus et que l’on évalue ses bénéfices-risques. Dans les écoles, ses conséquences sont désastreuses sur les troubles de l’apprentissage. Quant aux ados, un sur deux a développé des troubles anxieux. En trois ans, pas une seule étude sur ces sujets ! », s’exaspère Gérald Kierzek.

Mais le gouvernement, les mains liées depuis la levée de l’état d’urgence sanitaire, l’été dernier, a-t-il les armes législatives pour réinstaurer cette obligation du port du masque ? « Le gouvernement peut légiférer par décret en cas de “circonstances exceptionnelles”, sous le contrôle du Conseil d’État avant de saisir le Parlement » , analyse Philippe Bas, sénateur Les Républicains et ancien président de la commission des lois du Palais du Luxembourg. Faute de majorité absolue, la porte est étroite.

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Author: Valeurs Actuelles