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Ces mairies qui font la courte échelle au “wokisme”

À l’initiative de deux enseignants, le lycée Apollinaire propose un programme intitulé “Interroger nos biais discriminatoires”. Le projet, dans le cadre du “changement des mentalités” et du partenariat avec Sciences Po, sera destiné aux élèves. Il se compose de trois séquences. En dernière intervention, deux associations sont évoquées : MAG Jeunes LGBT+ ou le Planning familial. Ce programme fait l’objet d’un partenariat avec la mairie de Nice.

Si l’association reste à définir, les deux en lice sont militantes, porteuses d’un discours enraciné dans la mouvance woke. Le Planning familial est souvent présenté comme neutre. Sa dérive idéologique avait pourtant été dévoilée au grand public par les affiches devenues célèbres représentant un “homme enceint”. Quant à MAG Jeunes LGBT+ (Mouvement d’affirmation des jeunes lesbiennes, gais, bi, trans et +), partisan de la théorie du genre, il explique dans des plaquettes à l’attention des enfants que « tout le monde ne découvre pas son genre de la même façon ». Ces documents évoquent « la dissonance entre leur genre assigné et leur genre réel » comme marqueur de « transidentité ». Les intervenants dans le domaine scolaire commencent par distribuer aux élèves un questionnaire permettant d’« évaluer le niveau de tolérance de la classe ».

Blanc-seing au Planning familial

Philipe Vardon, élu de l’opposition, s’est vigoureusement opposé à cet accord avec la mairie, sonnant comme un consentement. « Il s’agit d’un partenariat avec un lycée, on parle d’interventions dans le cadre de l’enseignement et l’enceinte du lycée », remarque le chef de fi le de Retrouver Nice. Il dénonce des associations « très militantes et politisées » — le Planning familial est, selon lui, « lourdement disqualifié » en tant qu’interlocuteur auprès des jeunes, à l’instar de l’association LGBT.

Le programme a été défendu bec et ongles par Maty Diouf, déléguée, réputée sarkozyste, à la lutte contre les discriminations, qui en a présenté la demande. « C’est approuvé par le rectorat et l’académie », plaide-t-elle. En effet, la légitimité de MAG Jeunes LGBT+ à intervenir auprès du public scolaire est sanctuarisée depuis 2019 par le gouvernement, qui l’a agréé “association éducative complémentaire de l’enseignement public” et “jeunesse et éducation populaire”. Cet agrément vaut gage de qualité pour les académies et rectorats concernés, qui donnent systématiquement leur aval aux interventions.

En mars dernier, une subvention de 7 000 euros a été accordée par la municipalité pour le Centre LGBT Côte d’Azur. En réponse aux contestations de l’opposition, lors du conseil municipal, M. Estrosi avait affirmé que « LGBT fait un travail remarquable », raison pour laquelle il se désolidarisait des « positions discriminantes qui sont la dominante idéologique de certains appareils politiques », dans lesquelles « nous ne pouvons évidemment pas nous reconnaître ».

La mairie de Nice est-elle de gauche pour autant ? Plusieurs associations avec lesquelles la ville a signé des partenariats affichent une proximité idéologique avec SOS Méditerranée, comme les Rencontres méditerranéennes Albert Camus ou la mutuelle Solimut. Pourtant, M. Estrosi lui-même reconnaît « ne pas porter dans [son] coeur » SOS Méditerranée. Ses propos de 2015 sur les navires de passeurs, qu’il avait formulés sous son premier mandat plus marqué à droite, ont fait date. Mais Solimut, soutien et parrain assumé de SOS Méditerranée, « n’a pas été choisie pour ses engagements mais pour son aspect qualitatif », objecte Jennifer Salles-Barbosa, adjointe au maire de Nice, à l’origine du projet.

« La mairie Estrosi, c’est l’histoire d’un long glissement vers la gauche », relève Philippe Vardon, pour qui « le glissement idéologique accompagne une boboïsation de la ville ». Selon lui, « il y a une forme d’abandon des sujets sociétaux, typique du centre droit ». Mais la stratégie électorale n’est pas seule responsable. La capitulation sur le plan des idées au profi t de l’appareil administratif, voire la volonté d’être dans l’air du temps sont en cause. « Ces sujets sont pris à la légère, on en fait peu de cas. Les élus connaissent mal leurs dossiers », ajoute-t-il.

SOS Méditerranée institutionnalisée

Depuis janvier, 573 associations différentes ont obtenu des subventions de la mairie. Des chiffres qui font relativiser la place des organisations militantes. Il n’empêche, ce sont autant de renoncements qui contribuent à consolider l’emprise de l’idéologie dominante à gauche dans la société.

Même s’il s’agit de simples accords partenariaux, ils participent aussi à la reconnaissance et la légitimation de l’influence de ces associations woke. Cette sorte d’institutionnalisation banalise leurs revendications qui, passant pour neutres, s’érigent en vérités inviolables. Ainsi, la légitimité du Planning familial parmi les participants à la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes est-elle incontestable, selon la municipalité de Nice. Ainsi, les associations LGBT sont-elles admises dans les écoles et agréées par l’État.

Les mairies de gauche en Paca ne se privent pas, bien sûr, de financer des relais du “wokisme”. À Martigues, le maire PCF Gaby Charroux a octroyé 7 500 euros à une ONG pour 2022. À Marseille, la somme de 30 000 euros était attribuée en 2021 à SOS Méditerranée. Le maire, Benoît Payan, soutient clairement l’ONG, affirmant en novembre dernier qu’« il était de notre honneur et de l’honneur de la France d’accueillir l’Ocean Viking ». La municipalité se revendique également partenaire de travail et fi nancier de plusieurs associations LGBT, comme Aides, Le Refuge, CoreVIH ou Idem (Identité Diversité Égalité Méditerranée). D’autres, comme SOS Homophobie, bénéficient d’une aide logistique intégralement payée par la ville, de la location de salle à la formation de personnel.

En 2020, le centre LGBT de Nice a reçu 11 000 euros de subventions du département, en plus de celles octroyées par la région. L’Aglae (Association gay et lesbienne azuréenne d’expression) affirme sur son site être soutenue par le conseil général des Alpes-Maritimes, la région et l’office du tourisme… de Nice. À Avignon, la maire PS Cécile Helle, très engagée pour la cause, a signé pour la municipalité une “charte d’engagement LGBT”.

Les associations promouvant l’idéologie woke prolifèrent, et les subventions et soutiens pleuvent. Toléré par les municipalités de droite, encouragé par celles de gauche : en Paca, le wokisme a un bel avenir devant lui.

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Author: Valeurs Actuelles