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A Tours, les mobil-homes pour SDF hérissent les riverains

En bout de quai de la gare de Tours, au bord des voies de chemins de fer, les travaux de viabilisation d’un terrain ont démarré début décembre. Située dans le quartier résidentiel de Velpeau à quelques encablures du centre-ville, la parcelle d’environ 2500 m² accueillera d’ici le 15 janvier entre douze et quinze mobil-homes et caravanes destinés à l’hébergement temporaire de personnes sans domicile fixe.

Ces « Tiny Houses », déjà installées en 2021 sur les bords de Loire dans le cadre du dispositif « La Maison », financé par d’Etat, seront déménagés d’ici quelques semaines. Actuellement situés en zone inondable, ils seront ainsi transférés au sec, a justifié la préfecture d’Indre et Loire et la mairie de Tours, parties prenantes du dispositif. L’association Entraide & solidarités, qui agit comme maître d’œuvre du projet, a ainsi loué pour trois ans le terrain appartenant à la SNCF.

Un manque de concertation et de transparence

Autour, les riverains disent avoir appris le projet par voie de presse, il y a moins d’u mois, avant de voir arriver des pelleteuses un matin. Le tout « sans aucune concertation ni transparence », déplore l’un d’eux. L’inquiétude grandit quant à « une insécurité supplémentaire » frappant le quartier, déjà impacté par les incivilités provenant du Sanitas, une cité voisine. Mi-novembre, un adolescent porteur d’un couteau de 30 centimètres a été interpellé par la police alors qu’il divaguait dans les rues, raconte l’habitant.

Si les Tourangeaux du futur camp ne sont pas opposés à l’hébergement des personnes sans-abri, la question de la tranquillité se pose désormais au quotidien. « Ce campement, qui sera équipé d’un chenil, entraînera parallèlement des déjections canines importantes », souligne un restaurateur mitoyen, qui craint de voir la valeur de son enseigne être dévalué.« La vente d’ici un an de mon établissement constitue la totalité de ma retraite, elle sera compromise du fait de la détérioration inévitable de l’environnement », confie-t-il, avec « l’impression d’être sacrifié sur l’autel de la solidarité ». Le rapide entretien effectué le 7 décembre avec l’adjointe de quartier venue à sa rencontre, n’est pas de nature à rassurer le professionnel. « Elle m’a indiqué que c’était irréversible et que tout se passerait bien comme sur les bords de Loire, sauf qu’ici, on se trouve en pleine zone d’habitation », s’alarme le commerçant.

Opacité des décisions municipales

La mairie revendique, au contraire, des démarches d’information effectuées en bonne et due forme. A la clé, un dépôt de tracts dans les boites aux lettres du quartier ainsi que des appels téléphoniques aux riverains concernés. La municipalité, qui avait prévu une présentation individualisée du projet, se serait vu opposer une fin de non-recevoir des habitants qui ont réclamé une réunion publique.

Pour des questions de délai d’organisation, cette dernière n’aura finalement lieu que le 4 janvier 2023. « On voit que les dés sont jetés et que le sujet est entériné sans possibilité réelle de débat et d’inflexion, regrette le riverain, déjà échaudé par la création d’une piste cyclable en 2021, annoncée quatre jours seulement avant sa mise en place. « Résultat, le quartier a perdu une cinquantaine de places de stationnement. Où se situe dans ces conditions la concertation citoyenne promise par la municipalité et affichée comme marqueur de son action depuis deux ans », interpelle-t-il.

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Author: Valeurs Actuelles