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« Prêt à évoluer dans mes convictions »

vendredi 14 juin 2019 - 11:56

M. Bruno le Maire a prononcé, sur France Info, une phrase importante en ce qu’elle révèle de la politique et plus généralement, de la société moderne, au sujet de l’extension de la PMA une question sur laquelle il a affirme avoir des « interrogations: « Je suis prêt à évoluer dans mes convictions ».  Or, qu’est-ce qu’une conviction? Selon le Petit Larousse: « État d’esprit de quelqu’un qui croit fermement à la vérité de ce qu’il pense ; certitude ». Le conviction est donc le socle de la pensée, de la croyance, voire même de la conscience d’un homme, le noyau de sa fidélité, de son engagement. Elle s’oppose ainsi à « l’opinion » qui elle, impression de surface, peut en effet évoluer, ou bien à l’avis qui a un caractère superficiel. Bien sûr, à la faveur d’événements dramatique, une guerre, une révolution, un cataclysme, ou d’un chamboulement personnel, les convictions d’un homme peuvent changer:  ex-communistes rompant avec leurs convictions après avoir pris connaissance des crimes de Staline, athées qui deviennent croyants ou l’inverse. En revanche, ce déclarer par avance « prêt à évoluer dans ses convictions », est très révélateur, signifiant la malléabilité de ce qui devait, en tant normal, être immuable et guider l’engagement d’une personne. La formule donne l’image d’une absence de repère, de boussole intérieure, de conscience malléable. L’extension du droit à la PMA est un sujet grave: elle officialise, entérine, consacre, normalise l’idée de l’enfant procréé sans père. Ce n’est pas seulement le type de civilisation qui est en jeu, mais au-delà, une conception de l’humanité. On est pour ou on est contre, mais la question ne se prête pas aux fluctuations en fonction des circonstances et des intérêts de carrière. Sinon, cela s’appelle l’opportunisme. N’est-ce pas là le mal suprême dont souffre la politique, et par conséquent, la société française? En ces temps de grands troubles, la France n’aurait-elle pas besoin de responsables politiques qui, bien au contraire, font passer les convictions avant les opportunités de carrière et de maroquins?

Maxime TANDONNET

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