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La question de la responsabilité

mercredi 5 décembre 2018 - 21:19

« Ceux qui donnent le branle à l’Etat sont les premiers absorbés par sa chute » (Montaigne les Essais, Tome 1-24. Toute une mécanique politico-médiatique s’est enclenchée pour faire porter au Premier ministre la responsabilité de l’incendie qui embrase la France. Or, ce n’est pas le Premier ministre qui s’affiche en spectacle depuis 18 mois dans un rôle d’un être supérieur infaillible et invulnérable auquel tout est permis. Toute la monstruosité du système politique français s’exprime dans le désastre en cours. Le même qui incarne le pouvoir incarne en même temps l’irresponsabilité puisqu’il est bêtement  inamovible quoi qu’il dise ou qu’il fasse pour 5 ans. Le détournement de responsabilité ne prendra pas. C’est toujours le même mal suprême de la classe dirigeante: prendre les gens pour des cons. Autres responsables: une partie des médias lèche-botte, depuis deux ou trois ans, qui à force de l’encenser comme un divin messie, a évidemment contribué à une dérive personnelle.  Nul ne sait comment les événements vont tourner dans les jours qui viennent. On oublie trop souvent  qu’ils ont fait des morts. Leurs conséquences politiques seront titanesques. A court terme, elles peuvent aller du changement de Premier ministre à la dissolution de l’Assemblée nationale. A long terme, quoi qu’il arrive, le quinquennat et terminé et la réélection inconcevable. La période actuelle ouvre sur une long agonie de 3 ans et demi. Un chef de l’Etat mettant en jeu son mandat sur un référendum à la suite d’une crise de confiance, cela ne s’est pas vu depuis de Gaulle. Et cela ne se reproduira sans doute plus. Mais le vrai sujet, c’est que nous n’avons pour l’instant aucune alternative crédible. Les démagogues extrémistes qui gesticulent devant les caméras de télévision pour essayer de récupérer la colère ne se rendent pas compte à quel point ils s’enfoncent eux aussi dans le discrédit.  Les Républicains ne semblent pas prêts à prendre la relève: pour l’instant ils n’ont pas les hommes, ni les idées, ni la confiance. Quant à l’idée d’un fanfaron, Républicain ou autre, qui songerait à s’emparer de l’Elysée pour reproduire le modèle d’un paon providentiel, nous n’osons même plus l’imaginer. Dans les grands crises, le salut apparaît toujours de là où nul ne l’attend.

Maxime TANDONNET

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