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Histoire: punir la Hongrie (Budapest 4 novembre 1956)

vendredi 14 septembre 2018 - 8:55

Budapest, octobre/novembre 1956. Les étudiants hongrois décident d’ apporter à Nagy leur  soutien par une grande manifestation organisée le 23 octobre 1956. 50 000 personnes se rassemblent ; Nagy se présente au micro alors que la foule est grosse de 200 000 personnes. La faucille et le marteau ont été arrachés des drapeaux hongrois. Le discours du dirigeant communiste déçoit. Vers 21 heures, des coups de feu sont tirés. La statue de Staline est déboulonnée. Le Comité Central se rassemble devant l’urgence. Nagy est institué président du Conseil. Un communiqué annonce bientôt l’intervention des troupes soviétiques conformément à un article virtuel du pacte de Varsovie ; en réalité, les troupes sont entrées sans attendre la permission de la direction du parti hongrois. Le président du Conseil annonce des réformes à la radio et incite les manifestants à déposer les armes. En plusieurs endroits, les tankistes russes fraternisent avec les manifestants. Mikoyan et Souslov donnent à Kadar la direction du parti en remplacement de Gerö. Kadar était ministre de l’Intérieur au moment de l’affaire Rajk. Il fut chargé par Rakosi de proposer à Rajk d’avouer des crimes imaginaires en échange de la vie sauve. Rajk accepta et fut cependant tué. Ce jour, Kadar ne parle à la radio que de répression et de l’assistance de nos « frères et alliés les soldats soviétiques ». La grève gagne tout le pays. Le Conseil de Sécurité de l’ONU condamne l’intervention de l’armée rouge (28 octobre). Nagy renonce au système du parti unique. La menace d’une nouvelle intervention soviétique se précise pourtant ; Nagy et Kadar s’en offusquent. Mais Kadar à déjà rejoint la zone soviétique quand les chars reviennent. Le 4 novembre, une déclaration radio de Kadar annonce à 5h05 l’intervention et la justifie par un danger « contre-révolutionnaire ». « Les Russes attaquent méthodiquement et brutalement à la fois, avec des centaines de chars, n’hésitant pas par exemple à mitrailler de plein fouet une queue de ménagères à la porte d’une boutique de ravitaillement ». Nagy est exécuté. Des milliers de Hongrois sont massacrés. L’ONU condamne mais n’intervient pas. L’Assemblée générale approuve un long texte émanant des États-Unis mais il est trop tard.

(Source: Histoire de la Guerre froide, André Fontaine, édition du Seuil)

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