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Derniers ressentis de campagne

vendredi 21 avril 2017 - 6:54

« Je laisse la France en bien meilleur état que je l’ai trouvée » a déclaré hier M. Hollande, juste avant l’attentat terroriste des Champs Elysées. La France qu’il laisse est un pays ensanglanté par le terrorisme,  dévasté par le chômage qui touche 5,5 millions de personnes, l’exclusion, la violence, les cités en perdition, le repli identitaire, une fulgurante poussée électorale de l’extrémisme de gauche comme de droite. Mais M. Hollande est satisfait de son bilan. Ces propos sont fascinants car ils expriment le vertige de l’enfermement dans la bulle élyséenne d’un homme aveuglé par son narcissisme, ayant perdu le sens des réalités. Il est grand temps que ce Monsieur disparaisse enseveli dans notre oubli.

Hier soir, en parcourant les chaînes de télévision, je suis tombé sur M. Macron. Bien sûr, son image médiatique est sans défaut: jeunesse, beauté, charme, simplicité, aisance de la parole. Il répondait à un journaliste l’interrogeant sur « l’encadrement des loyers ». Son propos était confus, il voulait « libérer l’offre de logement » mais selon un régime adapté à chaque situation locale. De fait, le sujet n’était absolument pas de niveau présidentiel. Toujours cette confusion débile sur le rôle d’un président… M. Macron a quelque chose du candidat idéal sur le plan de l’image. Il a adopté une posture ultra-sympathique, celle du renouveau des générations, du « ni droite ni gauche », du consensus, de la gentillesse en politique, d’un discours façonné pour ne déplaire à personne. Il a su créer une mode autour de lui. Cependant, son succès se forge dans le monde du rêve, de la « réalité virtuelle » comme on dit, et de la séduction.  Il n’a strictement rien d’un chef de l’Etat potentiel, avec la hauteur, la sagesse, l’expérience, la vision historique que suppose la mission. Les Français se préparent à élire une illusion incarnée, un reflet médiatique, une chimère de modernité. Ils s’apprêtent à porter à l’Elysée une sorte d’anti-président. Quand ils s’en apercevront, il sera bien trop tard. Mais j’ai aussi entendu les derniers propos de Mme le Pen: « Avec moi, il n’y aurait pas eu d’attentats terroristes ». Autre signe patent de la fuite de la politique dans les limbes du cynisme électoraliste et de la mégalomanie poussés à leur paroxysme. Quand la France politico-médiatique est frappée de démence…

Un ami journaliste m’a téléphoné. Il me demandait si selon moi, François Fillon gardait une « petite chance » d’être élu président. Si les Français avaient un minimum de plomb dans la tête, ils se rendraient vite compte qu’en cette période de chaos sanguinaire qui ne fait sans doute que commencer,  malgré toutes ses faiblesses et ses défauts personnels, Fillon est le seul candidat pourvu d’une expérience de l’Etat, d’une majorité stable et cohérente possible à l’Assemblée susceptible d’engager le pays dans la voie des réformes nécessaires, et d’un projet présidentiel crédible autour de l’autorité de l’Etat et de la libération des énergies sur le plan économique. Bref, une direction plutôt que du rêve… Mais hélas, la raison et le bon sens donnent le sentiment d’avoir déserté ce pauvre pays malade dans sa tête. Sans doute, au regard des sondages, faudrait-il un véritable miracle: qu’une majorité de Français sortent de leur léthargie et ouvrent les yeux sur le monde des réalités. Il nous reste encore trois jours pour espérer ce miracle.

Maxime TANDONNET

 


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