Chronique de la France prétendue « d’en bas »

Les facéties, les obsessions et les crises d’hystérie de la France dite « d’en haut » nous font oublier les mouvements de fond qui transforment la société française. Mon cours hebdomadaire sur le droit de la nationalité s’adresse à des étudiants en Master. Il se déroule, depuis 7 ans, dans une université de la banlieue parisienne, devant une trentaine d’étudiants largement représentatifs de la population d’un quartier populaire d’Ile-de-France. Ils sont bosseurs et intelligents, la plupart de milieux défavorisés, de toutes origines, bénéficiaires d’une bourse d’études, déterminés à s’en sortir par les études et le savoir. Oui, ce n’est pas sc po ni hec, mais c’est pourquoi je suis fier de mes étudiants. Hier, je commentais pour eux l’arrêt du Conseil d’Etat du 11 avril 2018, 2e et 7e chambre réunies. Par ce arrêt,  le Conseil d’Etat validait la décision du gouvernement, sur recommandation d’un préfet, s’opposant à l’acquisition de la nationalité française de l’épouse d’un Français qui, lors de sa cérémonie d’accueil dans la nationalité française, avait refusé de serrer la main du Secrétaire général de la préfecture et d’un élu local au nom de ses convictions religieuses. L’arrêt de la haute juridiction motivait ainsi le sens de cette décision: « le comportement de l’intéressée, dans un lieu et un moment symbolique, révélait un défaut d’assimilation« . Je me suis permis de demander à mes étudiants, à vrai dire plutôt à mes étudiantes, (90% de filles dans ce cours), qui était d’accord avec cette décision du Conseil d’Etat. Brouhaha général et surprise: trente mains levées, toute la classe, à l’unanimité, la comprenait et l’approuvait…

Maxime TANDONNET

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Author: Redaction